Votations fédérales du 9 février 2020
 11.11.2019, 12:41

Norme anti-homophobie: les opposants veulent protéger la liberté d’expression

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La loi sur laquelle le peuple est appelé à se prononcer veut compléter la législation actuelle, qui ne permet pas de s'attaquer aux propos homophobes exprimés en termes généraux. (illustration)

Débats Selon les opposants à la norme anti-homophobie, cette révision de la loi porte atteinte à la liberté d’expression. Ils ont lancé leur campagne ce lundi.

Sanctionner l’homophobie au même titre que le racisme porte atteinte à la liberté d’expression: les opposants à la loi soumise au vote le 9 février ont lancé leur campagne lundi. Selon eux, la révision du Code pénal est une loi de censure.

Le Parlement a accepté en décembre 2018 d’étendre la norme antiracisme à la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Cette révision de la loi, partie d’une initiative parlementaire du conseiller national Mathias Reynard (PS/VS), vise à protéger la communauté homosexuelle, bisexuelle, transgenre ou intersexe (LGBTI).

Cette communauté n’a pas besoin d’une protection spéciale, a expliqué lundi devant la presse Michael Frauchiger, homosexuel déclaré, co-président du comité opposé à la révision et membre de l’UDC du canton de Zurich. Les dispositions pénales actuelles protègent déjà suffisamment contre la violence ou la diffamation envers les homosexuels, selon lui.

 

A lire aussi : Le PDC dit oui à la pénalisation de l’homophobie

 

Les gays, lesbiennes ou bisexuels veulent être des membres à part entière de la société et ne pas être considérés comme une minorité faible, a-t-il argumenté. Pour être accepté par la population, il faut atteindre la normalité. Un propriétaire d’hôtel doit en outre pouvoir refuser, pour des raisons de conscience, de louer une chambre à un couple homosexuel ou un boulanger de lui faire un gâteau de mariage.

Difficile à appliquer

Il est difficile d’établir à partir de quel moment un discours est haineux, a renchéri Marc Früh, membre de l’Union démocratique fédérale (UDF), parti qui a lancé le référendum avec les Jeunes UDC. «Ceci ouvre la porte à de nombreux abus et plaintes». Des exemples à l’étranger le montrent, selon l’UDF.

 

 

Cette loi bloque la liberté d’expression et lui fait perdre tout son sens. Sous le couvert de la tolérance, elle bannit certaines opinions du discours démocratique, a ajouté la conseillère nationale Verena Herzog (UDC/TG). La tolérance ne peut pas être régie par une loi.

La loi sur laquelle le peuple est appelé à se prononcer veut compléter la législation actuelle, qui ne permet pas de s’attaquer aux propos homophobes exprimés en termes généraux. Pour pallier le problème, la norme antiraciste doit être complétée pour y ajouter l’orientation sexuelle. Cette extension ne vaudra pas pour les déclarations et les actes visant des préférences sexuelles pathologiques comme la pédophilie.

Comité LGBT

Le comité «Non à cette loi de censure» a été créé à l’origine par des gays et des lesbiennes, selon son site internet. Essentiellement alémanique, il comprend également des membres des Jeunes UDC ou PDC. Des mesures sont prises pour l’étendre à la Suisse romande, a-t-il indiqué. L’UDC est le seul parti gouvernemental à rejeter l’extension de la norme antiraciste.

ATS

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