Santé
 17.12.2015, 00:00

Noël sans toi, c’est dur…

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Noël sans toi, c’est dur…

Face à un deuil, la période des festivités de Noël peut être difficile à vivre. Petit à petit, il faut reconstruire de nouveaux repères sans le défunt.

Les fêtes de fin d’année riment avec magie, féerie et avec famille. Ces moments de partage et de rassemblement sont d’autant plus difficiles à vivre lorsque l’on a perdu un être cher. «Dans la première année qui suit un décès, la personne endeuillée va vivre plein de premières fois sans son proche. Le premier Noël, le premier anniversaire, etc. Ces événements ramènent à la réalité de l’absence du défunt et les souvenirs reviennent. Cela bouleverse les repères et les habitudes», note Charlotte Crettenand, psychothérapeute FSP à l’association As’trame Valais qui accompagne les personnes en deuil. La routine familiale qui prévalait jusqu’alors est chamboulée. Il faut trouver un nouvel équilibre. Il faudra se créer de nouveaux repères sans le défunt.

Se souvenir

«Je crois qu’avant tout, il est important de rappeler que lorsque l’on est en deuil, on vit un véritable Séisme émotionnel. Accueillir les sentiments qui nous submergent est un sacré défi. Ces émotions peuvent être totalement contradictoires. Il peut y avoir la tristesse et la colère d’avoir perdu un proche. Il y a le soulagement, certaines fois, de voir ses souffrances terminées. Il y a aussi de la joie qui peut être liée à des souvenirs», précise Charlotte Crettenand. Face au deuil, il faut mobiliser les ressources disponibles. «La personne peut se tourner vers ses proches pour avoir du soutien. Elle peut aussi faire des activités qu’elle aime et qui lui font du bien», continue-t-elle. Il ne faut pas rester seul et petit à petit s’isoler. «Les fêtes de fin d’année sont souvent difficiles à vivre. C’est une période où la personne peut s’organiser des petites sorties, comme aller boire un verre avec un ami, recréer des liens petit à petit.» Cette période des fêtes de fin d’année est aussi l’occasion de se souvenir de la personne décédée.

«Je trouve cette citation de Lorraine Hedtke particulièrement pertinente: «La mort, c’est la fin de la vie, pas la fin de la relation», note la psychothérapeute.

Célébrer la vie

La famille peut créer un rituel. «On peut, par exemple, allumer une bougie et se recueillir. La famille peut aussi trouver un moment opportun pour évoquer les bons comme les moins bons souvenirs vécus avec le défunt, ses qualités et ses défauts, et rire d’anecdotes qu’on se raconte. Ces moments peuvent être très chouettes. On célèbre la vie et le souvenir du défunt, qui, ainsi, continue à être à nos côtés», poursuit-elle. De leur côté, les enfants vivent le deuil de manière différente. Ils ont besoin de faire des actions concrètes. «Ils peuvent apprendre un chant de Noël et aller le chanter au cimetière. Ils peuvent aussi faire un bricolage pour le défunt. Ils sont, en général, fiers et enthousiastes de pouvoir honorer la mémoire de la personne», continue-t-elle. La psychothérapeute précise également que pour un enfant, c’est important que la situation soit énoncée clairement. «Ils ont besoin d’entendre le mot mort. Il faut également que le message soit toujours le même. Ils ne comprennent pas si on leur dit «maman est partie». Ils demandent à quel moment elle va revenir. Cela peut sembler choquant pour des adultes, mais c’est important que l’enfant puisse entendre ce mot.» De même, les enfants grandissent et évoluent. Ils développent de nouvelles facultés et sont capables de comprendre de nouvelles choses au fur et à mesure de leur développement. «Ils posent régulièrement des questions pour mieux comprendre la mort. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas fait leur deuil. Ils veulent simplement comprendre», note Charlotte Crettenand.

Que l’on soit un enfant ou un adulte, le temps et les années aident à atténuer la douleur. Chaque personne endeuillée va avancer pas à pas. Les proches du défunt se créent de nouveaux repères et de nouveaux souvenirs. Il restera la tristesse de ne plus avoir cette personne à nos côtés, mais ce sera plus «léger».

Se laisser le droit de vivre son deuil

«Dans la société actuelle, on a du mal à s’autoriser à vivre son deuil. Ce temps du deuil est, en quelque sorte proscrit. Pourtant, il faut se donner le droit de vivre ce qu’on a à vivre», note Charlotte Crettenand, psychothérapeute FSP à l’association As’trame Valais. Souvent, l’entourage est présent et compréhensif pendant six mois. Passé ce délai, l’entourage attend une reprise en main de la personne endeuillée. «A ce moment-là, il y a un décalage entre le sentiment de cette personne et ce que les gens lui demandent, précise-t-elle. Chez les enfants d’une dizaine d’années et plus, on voit également un décalage. Souvent, ils trouvent très futiles les préoccupations quotidiennes de leurs camarades. Ils deviennent tout d’un coup très matures.» Pour l’adulte qui a un emploi, la personne a droit à quelques jours de congé avant de devoir reprendre son poste. «Il n’y a pas de répit et c’est difficile d’être aussi impliqué au travail.» Chaque deuil se vit différemment. Chaque personne réagit à sa manière. «Cela dépend de la relation que l’on avait avec le défunt.» Il faudra plus ou moins de temps pour accepter la situation et trouver de nouveaux repères. En général, le processus peut prendre entre un et deux ans ou plus selon les situations.


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