17.07.2017, 00:01  

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À l’église paroissiale  du Châble, 125 figurants de la région ont joué dans une scène du film «1818, la débâcle du Giétroz».

 17.07.2017, 00:01   Silence, moteur... action

Par jade albasini

Des centaines d’habitants de la région rassemblés pour le tournage du film commémoratif marquant les 200 ans de la débacle du Giétroz.

Sur le pas de l’église paroissiale de Bagnes samedi à midi, environ 125 figurants attendaient le clap de début pour tourner la scène principale de «1818, la débâcle du Giétroz», le film de Christian Berrut et Michaël Rouzeau qui retrace la tragédie locale (cf. encadré) sous forme de docu-fiction produit par Filmic&Sons de Martigny.

Dans un silence tout travaillé,...

Sur le pas de l’église paroissiale de Bagnes samedi à midi, environ 125 figurants attendaient le clap de début pour tourner la scène principale de «1818, la débâcle du Giétroz», le film de Christian Berrut et Michaël Rouzeau qui retrace la tragédie locale (cf. encadré) sous forme de docu-fiction produit par Filmic&Sons de Martigny.

Dans un silence tout travaillé, les acteurs en herbe entrent dans la bâtisse suivis par deux caméras et le reste de l’équipe technique. Lors de cette journée-tournage inédite, ils devaient jouer leurs propres rôles, ceux de Bagnards, qui en 2018, recoivent les visites fantômatiques de feu l’ingénieur Venetz et Jean-Pierre Perraudin, le héros de l’aventure. «Je me suis beaucoup documenté sur mon personnage. Perraudin est à l’origine de la théorie glaciaire. Ce simple paysan été celui qui a alarmé Sion en constatant que la digue du glacier allait céder», explique Jean-Emile Fellay, l’acteur principal de 51 ans originaire de Champsec.

Une région marquée

Une inondation qui date de 200 ans mais qui a laissé son lot de cicatrices dans les villages. «Sur les poutres de certains chalets, il y a encore des inscriptions qui marquaient le niveau de l’eau. À l’école, notre institutrice nous faisait aussi des exercices d’évacuation pour que nous soyons réactifs en cas d’alerte. Cette peur du barrage qui explose doit certainement venir du traumatisme lié au Giétroz», pense celui qui campe le chasseur de chamois.

Christophe, un figurant de Verbier venu en famille, se rappelle que beaucoup d’habitants avaient quitté la vallée après le désastre. Aussi pour cause de famine suite à l’éruption du volcan Tambora en Indonésie qui à la même époque, avec son nuage sombre, avait condamné la zone à des années de disette. «Je n’ai pas appris le récit de la débâcle du Giétroz à l’école mais bien plus tard, en tant qu’adulte en lisant notamment du Ramuz», précise-t-il.

Au fil des générations

Parmi les figurants, il n’y avait pas que des férus de littérature. Des enfants remplissaient les bancs du lieu saint. Des jeunes pour qui le drame restait jusqu’alors inconnu. «Avant le tournage, je n’en avais jamais entendu parlé. Je me suis renseigné en rejoignant le casting car je joue le rôle d’Ephrem, un garçon qui annonce que l’eau est revenue après la catastrophe», mentionne Romain, 12 ans, écolier de Sembrancher, visiblement très heureux d’être face à la caméra.

La réalisation de ce film commémoratif permettra ainsi de raconter les aventures des anciens aux nouvelles générations. «Avant de lire le script, je n’avais pas la moindre idée de la tragédie vécue par ces familles. Au final, c’est un scénario qui nous touche tous», ajoute Christian Berrut, le co-réalisateur, entre deux prises.

Echo au-delà du Valais

Sur place, quelques «outsiders» avaient également fait le déplacement. Dont Pauline, une Lausannoise de 31 ans qui avait entendu parler du tournage en ballade sur le barrage de Mauvoisin. «Je crois bien que je suis l’une des seules non-valaisannes présentes», rit-elle. Curieuse d’en savoir plus sur ce pan de la vie régionale, la jeune femme avoue comprendre la crainte un peu mystique d’une éventuelle débâcle 2.0. «Elle est très peu probable avec les nouvelles technologies, mais imaginons...», s’interrompt-elle avant de retourner sur le plateau.

histoire

Le 16 juin 1818, 20 millions de mètres cubes d’eau se déversent brutalement dans le val de Bagnes, faisant 44 morts dont 34 à Martigny. Une brèche s’est alors ouverte dans la digue du glacier du Giétroz où un lac s’était formé suite au réchauffement de température après la glaciation qui touche la région de 1811 à 1818. Les dégâts sont colossaux. Jean-Pierre Perraudin, un paysan du coin, en constatant la situation critique, avait prévenu l’ingénieur cantonal. Plusieurs hommes avaient alors tenté de renforcer la digue qui s’est, malgré leurs efforts, fendue. Gravée dans les mémoires, la débâcle du Giétroz rappelle de nos jours les conséquences désastreuses liées au changement climatique. JAL


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