13.09.2017, 17:15  

Le violon, un jeu d’enfant, la chronique d'Elise Lehec

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Elise Lehec, musicienne.

 13.09.2017, 17:15   Le violon, un jeu d’enfant, la chronique d'Elise Lehec

Apprendre le violon, à l’école. C’est le projet mis sur pied par la Fondation Vareille, le Conservatoire Cantonal et les écoles de Martigny. Je viens tout juste de rejoindre l’équipe des «maîtresses du violon», avec la responsabilité toute neuve de glisser des violons (taille 1/8e!) dans le cou de petits bouts de quatre à six ans. «La musique, faut quand même être doué pour ça» sonne aujourd’hui aussi faux à mes oreilles qu’un de...

Apprendre le violon, à l’école. C’est le projet mis sur pied par la Fondation Vareille, le Conservatoire Cantonal et les écoles de Martigny. Je viens tout juste de rejoindre l’équipe des «maîtresses du violon», avec la responsabilité toute neuve de glisser des violons (taille 1/8e!) dans le cou de petits bouts de quatre à six ans. «La musique, faut quand même être doué pour ça» sonne aujourd’hui aussi faux à mes oreilles qu’un de leurs violons après deux semaines de vacances. Bien sûr, le rythme d’apprentissage est propre à chacun: parmi la soixantaine de violonistes en herbe, il y a par exemple Julie et Paul*, atteints de trisomie 21 ou encore ceux qui ont la «logo» (logopédie) les mardi et vendredi. Ici, l’inclusion a fait place à l’intégration. Aucun élève n’est «ajouté» au noyau de la classe, il en fait partie et définit sa cadence au même titre que tous les autres.

Je suis d’ailleurs souvent impressionnée de les voir si patients face aux accrocs de leurs «collègues», là où moi j’avoue (avec une pointe de honte) avoir parfois du mal à garder la mienne. «Mais non, c’est là qu’il va le petit doigt, comme ça!» n’est pas une réplique qui m’est réservée, ils revêtent volontiers le rôle de professeur entre eux, déterminés. Il y a quand même le grand spectacle en juin!

Il y a aussi ces petits instants de grâce: Julie qui, après deux premières semaines de gestes brusques joue ses premiers «pizz» seule et berce son violon comme elle le fait d’habitude avec son doudou, les camarades de Paul, bienveillants, qui lui montrent des motifs toujours à sa portée dans les exercices d’imitation.

Finalement, leur apprendre le violon est un jeu d’enfant, et même si pour eux dans quinze ans «ti-ti-ti-ti-ta-ta-to» s’apparentera plus à du morse qu’à une rythmique, j’espère que ces jeunes adultes auront retenu l’essentiel, et sauront s’adapter aux autres aussi naturellement qu’ils le font pendant leurs cours avec nous. Alors oui, quand j’entends que pour quelques survivalistes «l’intégration c’est comme pisser dans un violon», je me dis que certains feraient bien de venir faire un tour dans nos salles de classes… nos élèves se feront une joie de leur faire une démonstration. Invitation lancée. 

*Prénoms d’emprunt


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