13.09.2017, 05:30  

Sion Airshow: le Valais, point final d’un tour du monde légendaire pour le DC-3 et son équipe

Abonnés
chargement
1/2  

 13.09.2017, 05:30   Sion Airshow: le Valais, point final d’un tour du monde légendaire pour le DC-3 et son équipe

Exploit - 28 pays, 55 villes, près de 50000 km parcourus et 240 heures de vol. Le DC-3 de Breitling et son équipe sont de retour en Suisse après un tour du monde débuté en mars. Six mois de voyage pour un véritable exploit qui trouve son point final sur l'aéroport de Sion. Retour sur les images et les anecdotes de cette aventure hors du commun.

Il est aujourd'hui le plus vieil avion à avoir bouclé un tour du monde. A 77 ans et avec 74700 heures de vol au compteur, le Breitling DC-3 a pu compter sur pas moins de six pilotes (dont le capitaine Francisco Agullo qui a effectué la totalité de ce tour du monde et le Valaisan Yannick Bovier) et toute une équipe pour réaliser cet...

Il est aujourd'hui le plus vieil avion à avoir bouclé un tour du monde. A 77 ans et avec 74700 heures de vol au compteur, le Breitling DC-3 a pu compter sur pas moins de six pilotes (dont le capitaine Francisco Agullo qui a effectué la totalité de ce tour du monde et le Valaisan Yannick Bovier) et toute une équipe pour réaliser cet exploit de près de 50000 km autour du globe.

 

Ci-dessus la carte de ce tour du monde. © Breitling

 

L'étape de l'impossible: du Japon à Shemya dans le Pacifique Nord

Le DC-3 n’est tout simplement pas fait pour cela. 10h02 minutes de vol entre Obihiro au Japon et la base américaine de Shemya, alors que l’avion dispose d’une autonomie de vol de 8h. "Il a fallu installer et faire certifier des réservoirs supplémentaires pour que nous ayons l'autonomie nécessaire", explique le pilote Raphaël Favre qui a effectué la traversée.

Si la distance constituait un challenge en soi, la météo ajoutait une dose de défi supplémentaire. Avant de partir, les prévisions n’étaient vraiment pas bonnes. "Shemya allait être dans la pluie, les nuages bas et de fortes rafales de vent lors de notre arrivée. On a pensé tous devoir rester au Japon", continue Raphaël Favre. "Miracle, le lendemain, debout à 4h30, check météo, et les indicateurs sont au vert, ou plus ou moins, rouge clair."

 

Le DC-3 a passé deux mois au Japon avant de faire la périlleuse traversée du Pacifique Nord de en passant par Shemya. Ci-dessus, une photo prise à Kumamoto au Japon au-dessus de son célèbre volcan. © KATSUHIKO TOKUNAGA

 

Une fin d’étape 150 mètres au-dessus de l’Océan

"On a décidé de faire la traversée à basse altitude pour empêcher la formation de glace sur le parebrise, sur les ailes et les hélices qui fait que l’avion ne vole plus ou très mal», ajoute Francisco Agullo. Les températures, une sorte d’ennemi ultime du DC-3.  Le périple débute donc à 2000 pieds (600 mètres environ) au-dessus de l’Océan Pacifique, mais le froid oblige l’avion à descendre progressivement au fur et à mesure des kilomètres.

"Nous avons fini à 500 pieds d’altitude" (150 mètres environ), poursuit calmement le pilote. Un risque calculé avec la précision des outils météo dont dispose l’équipage. "On s’est dit qu’au pire on descendrait au niveau de la mer. La glace allait de toute façon fondre." A l’arrivée à Shemya, pas le temps de rêvasser. La météo oblige l’équipage à redécoller quatre heures plus tard pour une nouvelle étape longue durée. Au total, l’équipage aura cumulé 42 heures sans sommeil. Des vraies statistiques d'aventuriers des airs.

 

Après le vol épique jusqu'à Shemya, celui jusqu'à Cold Bay et cette image postée sur les réseaux sociaux par les pilotes. La traversée du Pacifique Nord restera gravée dans les mémoires des pilotes.© BREITLING DC-3 WORLD TOUR PAGE FACEBOOK

 

De St-Louis à Oshkosh aux États-Unis : un passage par le centre du monde de l’aviation

C’est l’histoire d’une petite ville des Etats-Unis dans le Winsconsin qui devient le centre du monde de l’aviation le temps d’une semaine. Oshkosh avec moins de 70000 habitants, accueille chaque année le Airventure, plus grand meeting aérien des Etats-Unis. Le petit aéroport accueille 600000 visiteurs pour pas moins de 10000 avions sur la semaine.

 

La petite ville d'Oshkosh et son aéroport deviennent le centre du monde de l'aviation le temps d'un weekend. L'alignement à perte de vue d'avions a été immortalisé adepuis les airs vec le DC-3 en vol au premier plan. © AMG

 

"C’est l’aéroport où il y a le plus de mouvement au monde durant l’événement. Il y a des avions à perte de vue", explique le pilote valaisan Yannick Bovier qui était sur cette étape. "C’est un peu un rêve pour moi que d’avoir pu poser à Oshkosh durant ce meeting". Lui-même a participé cinq fois en tant que spectateur.

Un comité d’accueil de MiG-21 à Zagreb

C’est la rencontre improbable de ce tour du monde pour le pilote Gabriel Evêque. Durant l’étape jusqu’à Zagreb, le DC-3 a reçu la visite de plusieurs MiG-21, des avions de combats soviétiques entrés en service dans les années 60. "On aurait dit qu’ils avaient ouvert leur musée", plaisante Gaby."Ils voulaient nous escorter mais ne faisaient que passer. La vitesse de décrochage des MiG est bien supérieure à la vitesse de croisière de 250 km/h de notre DC-3." Impossible pour l’équipe de suivre le rythme et impossible pour les MiG de ralentir suffisamment sans tomber.

La proposition insolite d’un sheikh au Qatar

Le DC-3 de Breitling a transporté autour du monde des passagers clandestins. 500 montres pour une valeur de 4,5 millions de francs placées dans la carlingue de l’appareil. 502 en comptant celles au poignet des pilotes. "On a dû être prudent. Un garde de sécurité nous accompagnait pour la première partie du voyage", explique le capitaine Francisco Agullo.

 

 

Toutes sont déjà réservées. Ainsi lors de la présentation du défi au Qatar, le pilote a dû faire face aux remontrances d’un sheikh, collectionneur de la marque, qui n’avait pas pu en obtenir une. "Il m’a proposé d’échanger la montre qu’il avait au poignet contre la mienne. Il avait au poignet une montre en or pur", sourit Francisco Agullo qui n’a néanmoins pas eu d’autre choix que de refuser cette offre.

 

Après l'étape de Doha au Qatar, le DC-3 a survolé Dubaï et sa fameuse île artificielle en forme de palmier. ©KATSUHIKO TOKUNAGA

 

De la créativité à défaut de carburant pour atteindre la Thaïlande

Parmi les défis de ce tour du monde, la disponibilité de carburant en était un de taille. L’essence AVGAS nécessaire au DC-3, courante en Europe et aux États-Unis, est rare au Moyen-Orient et en Asie. De quoi impliqué un travail logistique de grande ampleur, sans compter sur les imprévus. "Quand nous étions au Pakistan, j’ai reçu un appel du Bangladesh", commence le pilote Francisco Agullo. "On me dit deux jours avant notre arrivée : "Hey capitaine… il n’y a plus de carburant pour votre DC-3."" L’essence avait en fait été vendue à quelqu’un d’autre. "On a donc dû être plus créatif que prévu".

 

En Thaïlande, le DC-3 a notamment survolé Phuket, site hautement touristique. © KATSUHIKO TOKUNAGA

 

Des réservoirs supplémentaires sont donc placés en cabine pour faire passer l’autonomie de l’appareil de 8h à 14h. L’avion quitte Nagpur en Inde les réservoirs au maximum pour parvenir jusqu’en Thaïlande. "Nous avons cherché le meilleur vent possible". Résultat, plusieurs heures de vol à 13500 pieds. Plus de 4000 mètres dans un avion non pressurisé. Le cocktail manque d’oxygène, réservoirs d’essence supplémentaires en cabine et arrivée à destination par 40 degrés est détonnant pour les pilotes. "On a mis deux jours à récupérer", conclut Francisco Agullo.

Dans la peau de popstars au Japon

«Mon cœur est un peu resté au japon», lance immédiatement le pilote Francisco Agullo. Le séjour d’un mois sur l’archipel a été fort en émotions. «Des milliers de personnes nous attendait derrière les portes de l’aéroport. On nous attendait pour pouvoir faire des photos avec nous et signer des autographes. La première fois que j’ai vu cela j’ai cru qu’il y avait un airshow sur place. Et c’est la personne de l’assistance au sol qui m’a expliqué que c’était pour nous».

 

Le DC-3 de Breitling en vol devant le fameux Mont Fuji au Japon.© KATSUHIKO TOKUNAGA

 

Cet enthousiasme extraordinaire s’explique par la rareté de l’appareil au Japon qui en comptait pourtant 500. Mais après la Seconde Guerre mondiale, tout l’équipement militaire japonais a été détruit. Le public n’avait pas vu un DC-3 depuis plusieurs dizaines d’années. «On se sentait comme des popstars.» Dans le cadre de sa collaboration avec UNICEF l’équipe a pu aussi offrir une vingtaine de vols à des enfants sur place. La plupart d’entre eux ont vécu leur baptême de l’air avec le DC-3.

Une très belle rencontre à Naqpur en Inde

L’une des plus belles rencontres pour l’équipage s’est faite à Naqpur en Inde. «Il faisait juste 42°C et on ne s’attendait à rien de particulier», indique un des pilotes. Trempés, après deux heures à s’occuper de l’avion sur le tarmac, l’équipage finit par rejoindre le terminal. Et là… surprise. Huit jeunes Indiens les accueillent. «Ils s’agissaient de spotters», explique Francisco Agullo. Des passionnés d’aviation parcourant les aéroports. «Ils avaient économiser pour prendre le train et venir nous voir. C’était très émouvant. Je leur ai raconté que moi aussi j’avais commencé comme spotter avant d’être pilote de ce DC-3.» Un moment très fort immortalisé par l’équipage sur la page Facebook du tour du monde.

 

Le DC-3 a aussi passé par la Malaisie et Kuala Lumpur à proximité des célèbres Tours Petronas de 452 mètres inaugurées en 1998.© KATSUHIKO TOKUNAGA

 

Du Canada au sud Groenland : les joies de l’Atlantique Nord.

C’est peut-être l’étape la plus incroyable pour le pilote Raphaël Favre, celle allant de Goose Bay à la pointe du Canada jusqu’à Narsarsuaq au sud Gröenland en territoire danois. L’aéroport y est situé au bout d’un Fjord ce qui implique que la visibilité soit correcte pour s’y poser.

"La météo change très rapidement et après 5h de vol, les conditions au moment d’atterrir peuvent être totalement différentes que les prévisions", explique Raphaël Favre. Si le risque existe, il reste mesuré. Les craintes laissent place à l’émerveillement juste après un décollage dans le brouillard. "Un magnifique lever de soleil nous attendait, il nous suivra jusqu'à Narsarsuaq. Sauf, bien sûr, les quelques brumes à l'arrivée, dans les Fjords, avec de la pluie. S'il avait fait seulement beau, ça n'aurait pas été une aventure."

 

Après le Groënland, l'Islande. Le DC-3 de Breitling a alors effectué un vol avec un autre DC-3, celui de la compagnie Icelandair. © KATSUHIKO TOKUNAGA

 

En compagnie d’un B25 au-dessus de Monument Valley

Un B-25 volant en formation à côté d’un DC-3. Ces deux légendes des airs ont survolé ensemble les fameux rochers rouges à la frontière de l’Arizona et de l’Utah.

 

Le DC-3 de Breitling en train de survoler les rochers rouges de la Monument Valley aux États-Unis. La photo a été prise d'un autre avion historique, un B-25 volant à ses côtés pour l'occasion. © KATSUHIKO TOKUNAGA

 

Le bombardier a servi d’avion photo pour immortaliser le passage de l’appareil Breitling au-dessus de la vallée qui a servi de décor à bien des westerns. "Le photographe Katsuhiko Tokunaga était à l’arrière dans la bulle du mitrailleur de queue et nous tirait le portrait", se souvient le pilote valaisan Yannick Bovier.

 


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !

À lire aussi...

WahouuuuuSion Airshow: Manhattan comme personne ne l’a jamais vue... On vous emmène à bord du Breitling DC-3Sion Airshow: Manhattan comme personne ne l’a jamais vue... On vous emmène à bord du Breitling DC-3

ExploitSion Airshow: un Valaisan parmi les pilotes d'un tour du monde historique en DC-3Sion Airshow: un Valaisan parmi les pilotes d'un tour du monde historique en DC-3

RareSion Airshow: le plus vieil avion à boucler un tour du monde en ValaisSion Airshow: le plus vieil avion à boucler un tour du monde en Valais

Aviation51'000 personnes ont fréquenté le Breitling Sion Airshow51'000 personnes ont fréquenté le Breitling Sion Airshow

51'000 personnes au Sion Airshow

L'enceinte de l'aéroport de Sion a accueilli ce weekend 51'000 spectateurs à l'occasion du Breitling Sion Airshow. Une...

  17.09.2017 16:05

EvénementSion Airshow: envoyez-nous vos photos!Sion Airshow: envoyez-nous vos photos!

Sion Airshow: envoyez-nous vos photos!

C'est parti pour trois jours de démonstrations aériennes à l'occasion du Sion Airshow. Amateurs de photos, faites-nous...

  15.09.2017 13:30

Top