08.09.2017, 05:30  

Basketball: très peu d'argent en jeu sur les parquets suisses

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Les joueurs, ici Jonathan Dubas du BBC Monthey, signent en général des contrats de courte durée.

 08.09.2017, 05:30   Basketball: très peu d'argent en jeu sur les parquets suisses

basketball - Contrairement au football ou au hockey, les transferts permettant à un club de replacer un joueur tout en retirant un bénéfice financier ne sont que très rares – voir inexistants - dans le basket suisse où les contrats proposés sont de très courte durée.

Vous voulez très bien gagner votre vie tout en pratiquant votre sport de prédilection en tant que professionnel suisse dans le championnat de LNA ? Alors optez pour le football et oubliez le basketball. Il suffit en effet de jeter un œil sur le site de la confédération pour apprendre que cette discipline, au même titre que le volleyball, fait partie de la catégorie 2 des sports...

Vous voulez très bien gagner votre vie tout en pratiquant votre sport de prédilection en tant que professionnel suisse dans le championnat de LNA ? Alors optez pour le football et oubliez le basketball. Il suffit en effet de jeter un œil sur le site de la confédération pour apprendre que cette discipline, au même titre que le volleyball, fait partie de la catégorie 2 des sports professionnels en Suisse, là où le football et le hockey sont intégrés dans la catégorie 1.

On peut y lire que dans la catégorie 2, «le statut de sportif professionnel est limité et que seule une partie limitée des disciplines sportives sont effectuées par des sportifs professionnels. En règle générale, les salaires y sont un peu plus bas. Ainsi, le salaire brut est de Fr. 3'500.- par mois.»

Une frontière qui n’est pas très nette

Alors, hormis les joueurs étrangers, les éléments suisses doivent-ils occuper une profession à côté de leur activité sportive ? «Je pense que ces chiffres sont à revoir à la hausse. Le basket suisse s’est tout de même professionnalisé au cours de cette dernière décennie», remarque Bertrand Girard, ancien assistant et entraîneur du BBC PDS Troistorrents.

«Je pense que les joueurs suisses de LNA peuvent aujourd’hui être divisés en deux catégories: les joueurs majeurs qui doivent tout même toucher plus de 6'000 francs par mois et les plus jeunes qui naviguent effectivement autour des chiffres que vous annoncez. Dans les deux catégories, les plus jeunes touchent néanmoins moins que 3'500.- par mois, mais ont souvent en contrepartie une voiture, voire parfois un logement (pour ceux qui viennent de plus loin), mis à disposition. Après, évidemment qu'il y a des joueurs qui naviguent entre deux. Mais la frontière entre les jeunes joueurs qui sont aidés et les professionnels n’est pas très nette.»

La majorité est professionnelle

A entendre Bertrand Girard, la majorité des joueurs de LNA ne vivent aujourd’hui que de leur sport. «Ils sont quand même professionnels. L'époque des Jaquier, Wegmann et autres Porchet est révolue», sourit le Chablaisien, faisant référence aux anciens internationaux suisses et joueurs du BBC Monthey contraints de travailler à côté de leur activité de basketteur.  

Des budgets entre 200'000 et un millions de francs

La professionnalisation du basketball en Suisse implique-t-elle également davantage d’argent dans le milieu, au point de pouvoir faire des emplettes intéressantes en achetant de jeunes joueurs et en les revendant bien plus cher ? «Je n’ai encore jamais vu de club suisse réussir un énorme coup», remarque celui qui a également entraîné des formations juniors à Monthey et Troistorrents.  «Par rapport à d’autres sports, les budgets et les salaires sont faibles dans le basket suisse. Quand vous savez que les budgets tournent autour de 500'000.- voir un million au maximum, vous comprenez assez vite que réaliser de gros transferts n’est pas possible», éclaire l’ancien entraîneur Etienne Mudry.  

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Des contrats de très courte durée

De toute évidence, ces budgets ne peuvent pas être augmentés grâce à la vente et donc au transfert de tel ou tel joueur. «Cela n’arrive quasiment jamais puisque les joueurs signent des contrats de courte durée, soit une ou deux saisons au maximum», précise encore Etienne Mudry. Une façon de procéder qui tient ses avantages. «Le club qui aurait misé sur le mauvais cheval n’a pas à retenir le joueur chez lui mais aussi et surtout, le joueur qui ne bénéficie que d’un temps de jeu réduit, peut se tourner vers une autre équipe dans laquelle il pourrait jouer davantage.

C’est bien à ça que doivent servir les transferts : permettre aux joueur d’être sur le terrain le plus souvent possible et non pas à des équipes de tirer des avantages financiers.» Un système qui a surtout des désavantages selon Etienne Mudry. «Sur une courte durée, les fans ont de la peine à s’identifier alors que les joueurs ont de la peine à s’investir puisqu’ils ne savent pas de quoi sera fait leur avenir.»

Le basket suisse, un monde lointain du football-business où un joueur, acheté 400'000 francs et qui dispose d’un contrat de cinq ans, peut être revendu dix fois plus cher au terme de sa deuxième année de contrat. «En règle générale, les joueurs vont au terme de leur contrat en basket», ajoute Bertrand Girard. C’est alors qu’entrent en jeu les agents, lesquels doivent chercher à replacer leurs poulains. Et surtout, négocier au mieux les salaires de leurs joueurs avec leur nouveau club puisqu’au terme des négociations, l’agent percevra 10% du salaire annuel du joueur. 

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Des indemnités de formation «ridicules»

La formation dans le basketball suisse est encouragée. Sinon, comment expliquer les indemnités de formation dont peut bénéficier un club qui a formé un élément dans ses murs et qui prendrait la direction d’un autre club ? Dans l’article 3 des directives relatives aux indemnités de formation de Swiss Basketball, on apprend que «la formation d’un joueur a lieu entre ses 12 ans et ses 19 ans révolus. Elle s’interrompt toutefois le jour où le joueur concerné a été inscrit à au moins 8 reprises sur une feuille de match d’une équipe de LNA.» Le montant à payer pour un club de LNA au club formateur pour un joueur qu’il aurait acheté s’élève à 2'000 francs par saison de formation et jusqu’aux 25 ans révolus du joueur concerné. «C’est ridicule par rapport à ce que coûte la formation d’un joueur», remarque Etienne Mudry. «Un club formateur ne s’en sortira jamais avec ces indemnités. Ce n’est pas un hasard si on ne trouve pas – à l’exception de Fribourg et de la Riviera vaudoise- pas de club formateur en LNA», termine Etienne Mudry. 
 

Trois questions à Michel Roduit, responsable de la formation et de la promotion à Swiss Basketball

Michel Roduit, est-ce bien exact que les transferts sont inexistants dans le basket en suisse? 
Oui, parce qu’on signe des licences d’une année. A moins que des joueurs signent des contrats de longue durée avec des clubs – ce qui arrive par exemple avec des jeunes joueurs tels qu’Arnaud Cotture avec Fribourg- le règlement de Swiss Basketball permet de changer de club chaque saison. 

Les clubs ne peuvent donc pas gagner d’argent en revendant un joueur à un autre club?
Non, sauf si le joueur bénéficie d’un contrat avec une clause spéciale. 

Ce système est-il positif selon vous?
Je dirais qu’il y a deux cas: celui des clubs qui travaillent avec des jeunes et qui devraient bénéficier de davantage d’indemnités de formation et celui des clubs de pointe qui se servent de ces joueurs. Je trouve très bien par contre que les joueurs soient libres après chaque saison. Cela leur permet de toujours être actifs et de jouer. Le risque, pour un club, c’est néanmoins de se retrouver sans aucun joueur au terme d’une saison si ces derniers se voient offrir de meilleurs salaires dans une autre organisation.  


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